Sanseverino à la Maroquinerie | Just you and my guitar - Le blog à six cordes
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Sanseverino à la Maroquinerie

Il s’agit de la tournée du dernier album « Honky Tonk » avec un orchestre constitué pour le projet et nommé The baro devel bluegrass ensemble. On est effectivement  plus près de Bill Monroe (Father of Bluegrass) que de Hank Williams créateur du style Honky Tonk, ce style souvent rapproché du blues urbain à la manière du blues de Chicago.Mais là il s’agit d’un blues de l’homme blanc lui aussi déraciné dans les grandes villes américaines après la Seconde Guerre mondiale.

On retrouve aux côté de notre homme quelques figures du style bluegrass en France, parmi lesquelles Christian Séguret  qui pratique aussi bien le violon, la guitare que la mandoline.  C’est aussi un expert reconnu dans le domaines des instruments à cordes américains (plusieurs ouvrages à son crédit). Jean-Marc Delon (banjo) est également bien connu des fans français de la musique des Appalaches avec divers groupes (Turquoise, Bluegrass 43…). On trouvait à la contrebasse Jidé Jouannic. Il est  davantage porté sur le versant rock n’roll et chanson française (Anis, Tony Truand…). Le violon (alto) était assuré par un  musicien virtuose (qui n’est pas chose facile pour l’alto…) plutôt versé dans le jazz : Christophe Cravero

La première partie (locale sur cette tournée) était assurée par l’énergique Tony Truant (Dogs, Dingues Dindons, Ukulele Club de Paris,Wampas…). C’est le seul type que je connaisse capable de balancer sur scène des glaviots avec la précision d’un drone américain et de jeter sa Gretsch dans les bras du premier rang avec une égale réussite. C’était à l’Archipel il y a quelques années . En parlant de Gretsch, ce dernier avait délaissé son modèle à caisse (celui que j’ai dû lui rendre) pour un magnifique modèle solid-body dont je ne saurais dire s’il était de la grande époque des années 50. Je ne connais pas bien cette marque mais je peux affirmer qu’il s’agissait du modèle 6128 équipé d’un vibrato de type Bigsby. La belle était branché dans un AC 15 et l’artiste alternant entre le son crunchy du micro aigu et celui du micro grave avec tonalité poussée presque à fond.

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Plusieurs instruments ont été utilisées par Sanseverino :  2 Guild. Sans doute une D 50 « Bluegrass Special« et une D140 à la rosace plus ornée et avec un pan coupé. Elle était légèrement moins sonore que la principale qui était utilisée pour les rythmiques les plus « punchy ».

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Une guitare à résonateur  National dont je ne pourrai pas préciser l’année sans doute des années 30.

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Une Martin 017 de 1936 m’a t-on précisé. Elle a été refrettée et c’est souvent le cas sur les modèles utilisés parles professionnels. Notons que les guitares de Sanseverino sont très sollicitées par des coups de médiator vigoureux, à la manière du style manouche que ce dernier affectionne.

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Mais le plus bel instrument (hormis la Martin) était bien la mandoline du luthier américain Will Kimble « black face » de Christian Séguret.

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Elle pourrait ressembler à celle-ci. Ces modèles sont difficiles à trouver dans nos contrées. En Europe, les pays « importateurs » sont plutôt situés au nord  ( Angleterre, Allemagne…)

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mandolincafe.com

Citons aussi la guitare (de type Martin OM) que ce dernier a utilisé sur quelques titres. Elle a été fabriquée par le luthier français Franck Cheval.

Dernier clou du spectacle, le moment où les musiciens se rassemblent autour de deux micros (« en plastique et à 150 euros») pour rappeler que les premiers enregistrements en sonorisation dans les années 30 se faisaient ainsi, les musiciens navigants sur scène au gré de leurs interventions : contrechants, solos, rythmiques…

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