Robert Cray au Trabendo | Just you and my guitar - Le blog à six cordes
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Robert Cray au Trabendo

Mon meilleur souvenir dans cette salle reste le concert des Black Keys en 2006. Le son y est toujours excellent mais c’est surtout la proximité avec les musiciens qui est ici exceptionnelle. 

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Le second concert parisien dans cette salle de Robert Cray n’a pas déçu et ce fut une heure et demi de blues dégoulinant mâtiné de rythmiques soul-funky particulièrement inventives. Le tout avec des Stratocaster au  son clair (et parfois en léger crunch), ce qui n’est finalement pas si fréquent de nos jours pour un concert de blues !

Les positions intermédiaire (les 2 de 4) de la Stratocaster ont toujours été la marque de fabrique du son de Robert Cray. Il s’inscrit dans la lignée de Buddy Guy Otis Rush qui ont même créé cette possibilité dans les années 50 alors que cette guitare ne comportait qu’un sélecteur à 3 positions (une pour chaque micro). En anglais, on pourrait décrire ce son avec des mots anglais évocateurs : thin, delicate, quacky, honky, hollow, funky…Avec le succès des premiers albums de Dire Straits au début des années 80, cette sonorité est devenue un vrai cliché. En comparaison, la position intermédiaire d’une Telecaster est beaucoup plus tranchante. Cela s’explique notamment par le fait que les deux micros sont plus espacés.

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Trois modèles de Stratocaster figuraient sur le râtelier offert à la vue et aux mains des fans. Il s’agit des trois coloris proposés pour le modèle « signature » de Robert Cray : Sunburst, Violet et Inca Silver, c’est-à-dire la finition du modèle original utilisé par le bluesman à ses débuts  (celui sur lequel on voyait un autocollant de pin-up derrière le chevalet…) ; C’est ce modèle qui a le moins servi, à l’inverse du violet ayant les préférences de Robert Cray ce soir là. En fait, les changements entre les deux autres guitares ont été incessants, et pas seulement à cause d’une corde cassée comme ce fut le cas sur Bad Influence pourtant attaqué à un tempo plus lent que sur la version originale !

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Le point commun de ces trois guitares est l’absence de vibrato. Cela donne plus sustain. On appelle ces Stratocaster (assez rares) des modèles « Hardtail ».

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Autre élément indissociable du son blues moderne, les amplis Matchless qui firent la joie entre autres de Jimmie Vaughan ou de Billy Gibbons. C’est la série des  Clubman qui équipe notre homme. Les deux amplis (branchés ensemble) sont parés d’un magnifique vert émeraude pas vraiment discret. Le combo Fender Vibro King placé au milieu passerai même inaperçu. J’imagine qu’il devait servir pour certains son clairs et pour le tremolo. Peu d’effets furent utilisés si ce n’est un delay très long grâce auquel Robert Cray pouvait dialoguer avec ses propres phrases. On est quand même loin de l’utilisation que pouvait en avoir Brian May en concert !

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La complicité entre les musiciens est évidente et particulièrement marquée entre Robert Cray et Richard Cousins, le bassiste historique du groupe. Il avait déjà eu droit à figurer sur la pochette de mon album préféré du groupe Bad Influence (1983).

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Dernière mention pour l’artiste nigérian présenté en première partie (Kuku) dont le jeu de guitare discret soutenait une performance vocal qui aurait presque fait passer Barry White pour un garçonnet prépubère…

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3 Commentaires

  1. VainVain MoMoDouba

    Inouwali NoNo,

    Tu es vraiment un fin connaisseur musical, technique…
    Ce concert était intense, grooovesque, et propre !
    Même une franco-guinéenne, qui ne connaissait rien au Robert, a adoré.

    Bravo Mr. pour ton site très pointilleux

    Won Tan Nara (leitmotiv soussou guinéen : on est ensemble)

    MoMo

  2. Excellent souvenir d’un concert blues – soul qui tranche avec le blues – rock suramplifié actuel. J’ai tellement aimé, que j’y retourne pour les 40 ans de Robert Cray ce 21 mai. Un grand moment à venir, d’autant que le dernier album est poignant avec ce trio voix – paroles – accords.

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