Homemade Fender Esquire (1/3) | Just you and my guitar - Le blog à six cordes
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Homemade Fender Esquire (1/3)

J’ai voulu retracer les étapes de l’assemblage d’une guitare électrique, et pas n’importe laquelle puisqu’il s’agit de la première guitare électrique de type solid body à avoir été construit sur un mode industriel à partir de 1949-1950. Le modèle Esquire de Fender est unique pour d’autres raisons. C’est la première version d’un modèle resté depuis célèbre, la Telecaster.

Lorsqu’il travaillait sur son prototype à la fin des années 40, Leo Fender avait envisagé deux micros  pour sa guitare.

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Une cinquantaine d’exemplaires de ce modèle historique ont été fabriqués par Fender en 1996. L’un d’entre eux est au magasin US Lark Street Music

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C’est le directeur des ventes Don Randall qui imposa à Léo Fender le micro unique lors de la première exposition du modèle à un salon de Chicago en 1950. L’influence de ce service fut importante pour les modèles suivants ; c’est aussi de cette manière que les manches palissandre sont apparus en 1959. Les distributeurs voulaient présenter à leurs clients des instruments proches de ceux de la concurrence, Gibson en tête. Il est aussi vrai que les vernis de l’époque noircissaient vite sur les touches en érable…

La version de Leo Fender est différente puisqu’il a toujours dit que c’était la Broadcaster (à deux micros) qui avait à l’origine été « construite en quantités« . Pour rendre la chose compliquée, on trouve aussi parmi les premières Esquire des modèles avec deux micros…Les choses rentrèrent dans l’ordre au cours des années suivantes et le modèle connu une carrière assez confidentielle jusqu’à son interruption en 1960 pour cause de ventes insuffisantes. Si la Telecaster est une guitare rustique et exigeante, que dire alors de l’Esquire ? Ses adeptes les plus célèbres pourraient en témoigner : Luther Perkins (Esquire 55), Steve Cropper (Esquire 60′s repeinte), Paul Burlison du Johnny Burnette Trio ou bien encore Jeff Beck dont le modèle avec manche en érable des années 50 (assez lourd nous dit-il) fut largement modifié.

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Pour finir sur ces considérations historiques, précisons que la littérature sur le sujet abonde et seuls les détails intéressant mon projet seront évoqués que  dans ces lignes. Je citerai l’ ouvrage historique  d’André Duchossoir ainsi que la somme récente et richement illustrée du marchand espagnol Nacho Banos. Le site tdpri est également une mine d’information. Quelques magazines ont alimenté ma passion pour cette guitare depuis de nombreuses maintenant.

Le corps

Il n’est pas facile de s’y retrouver tant les offres de pièces de lutherie (parts) sont devenues nombreuses. Une rapide recherche pour « Guitar Bodies » sur le Net suffit à s’en convaincre. Je suis aussi allé voir des sites spécialisés dans l’occasion comme Leboncoin. J’ai alors trouvé dans le sud de la France  un corps à vendre (sic) d’origine inconnue et « reliqué » en Suisse. J’avais pu voir sur les photos que le bois était massif et que ses motifs étaient plutôt prometteurs. Je me suis donc décidé pour celui-ci même si ce n’était pas le type de finition que je recherchais au départ. J’avais quand même un faible pour les modèles « heavy relic » depuis que j’avais assisté un mini « guitar show » de la marque Rebel Relic chez Oldies guitar à Paris.

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La réception due l’objet n’a fait que confirmer mes espoirs. Le corps a été évidé (chambered) dans sa partie supérieure afin de gagner en poids.  C’est une mode actuelle que l’on trouve depuis quelques années sur les modèles de type Les Paul où le poids peut-être un problème pour certaines natures délicates. Pour la famille Fender, ce problème ne s’est jamais vraiment posée sauf pour les modèles des années 70 où les bois sélectionnés à la hâte étaient de bonne qualité mais très lourds. Mais cela donnait selon moi un son particulier assez loin du twang tant recherché. J’ai hâte de voir en quoi cette opération a pu modifier le son du bois. A ce propos, André Duchossoir évoque dans son ouvrage les essais de Fender dans cette direction avant l’introduction du modèle Thinline en 1968.

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Finalement c’est le modèle Thinline qui a été lancé en 1968

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Il me faudra aussi assumer au final l’aspect ruiné de la guitare, et ce d’autant plus que la couleur orange n’est pas vraiment discrète.  On est proche dans l’aspect  du modèle de Jeff Beck.

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Autre particularité, l’arrière du corps a été chanfreiné comme celui d’une Stratocaster, ainsi que dans l’accès aux aigus, ce qui est plus inhabituel. Quant à la cavité abritant la jack cup vintage, elle n’a pas été aménagée à cet effet. Je me suis donc contenté d’y poser une plaque gibsonesque…

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 Le manche

C’est peut être le poste le plus onéreux pour qui veut assembler une guitare à un prix raisonnable. Si les corps à vendre (sic) sont nombreux depuis quelques années, les manches eux ne sont pas légion. Il ne faut pas négliger pour autant cette question car le manche a une influence considérable sur le son, peut-être même plus que le corps lui-même à mon avis.

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J’ai pu trouver sur le même site généraliste un manche Fender en érable utilisé sur un modèle mexicain des années 2000. La différence avec un manche U.S (densité du bois, séchage, vernis…) ne devrait pas être flagrante si on sait qu’il s’agit du niveau de qualité qui était celui de Fender U.S dans les années 90 pour  ses modèles « standard« …

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Seule déception, je n’ai pas pu y placer des mécaniques de type vintages car le mode de fixation de ces dernières ne correspond pas à l’ingénieux système développé sur les modèles mexicains (et les autres aussi j’imagine). Pour finir, j’aurais préféré que la cavité d’accès au truss-rod soit à la base du manche, mais il s’agit une fois de plus d’un standard moderne.

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