Guild Story (1952-2001) | Just you and my guitar - Le blog à six cordes
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Guild Story (1952-2001)

C’est à une marque assez mal connue dans nos contrée que j’ai voulu m’intéresser dans cet article.Pour le guitariste acoustique, Guild est surtout connue pour ses modèles 12 cordes aux tailles parfois imposantes.Le musicien de jazz aura sans doute entendu parler du modèle archtop Artist Award utilisé par George Benson dans les années 70. Pour le guitariste de rock ou de blues, ce sera le modèle demi-caisse Starfire mais il ne connaît probablement pas la rarissime Guild Aristocrat construite dans les années 50 pour concurrencer la Les Paul de Gibson.

Une histoire new yorkaise

Tout commence au début des années 50 lorsque le marchand et guitariste de jazz new yorkais Al Dronge décide de se lancer dans la construction de guitares en profitant de la vogue pour les guitares archtop. Notre homme est un habitué du commerce d’instruments qu’il pratique depuis les années 30 dans un magasin du « Pigalle new yorkais » (quartier des magasins de guitares à Paris) alors situé à Park Row. L’endroit s’est ensuite déplacé dans la 48ème rue (le célèbre magasin Manny’s) mais il n’en reste plus grand chose actuellement. A la fin des années 40, Al Dronge avait amassé un petit magot grâce à l’importation… d’accordéons italiens. Il faut dire que le personnage était réputé pour avoir du flair. Il fut l’un des premier à entrevoir l’engouement populaire pour la guitare, lequel va prendre sa véritable dimension au cours de la décennie suivante. Juste le temps d’y préparer son entreprise en somme…Celle-ci naît officiellement  en 1952 lorsque Al Dronge s’associe avec George Mann, un ancien numéro 2 chez Epiphone.Les premiers instruments sont fabriqués deux ans plus tard. Guild emploie alors moins d’une vingtaine de personnes pour fabriquer jusqu’à 150 instruments par mois, le plus souvent des guitares électriques à caisse de grande qualité.

Ce qui n’est encore qu’un atelier se trouve alors au premier étage dans un petit loft situé au sud de Manhattan dans Pearl Street. L’espace de travail devient très vite intenable et en 1956 Al Dronge décide d’occuper le sixième étage d’un grand immeuble industriel (Neumann Leather Building) à Hoboken dans le New Jersey. La vérité veut que le déménagement ait été décidé afin d’échapper aux puissants syndicats new yorkais. La même mésaventure était arrivée à la firme Epiphone qui avait déménagé en 1951 vers Philadelphie en Pennsylvanie à la suite d’une grève qui avait duré 4 mois. La firme avait alors laissé une partie de ses employés à New York. Et que devinrent ces personnes selon vous ? Ils furent embauchés par Guild bien sûr ! Ce fait a largement contribué à la bonne réputation des premiers instruments fabriqués par la marque.L’association (de courte durée) avec George Man, lui-même en procès avec Epiphone en 1951, a dû contribuer à rameuter une partie des anciennes troupes mais il y a eu aussi des ouvriers venus de l’usine Gretsch qui était alors située à Brooklyn.

Les débuts de Guild sont laborieux. Un exemple parmi d’autres : ce n’est qu’en 1962 que la firme a pu résoudre le problème du vernissage grâce à la présence d’un unique employé dédié à cette tâche. Jusque là,il fallait parfois faire venir des ouvriers d’autres entreprises pour effectuer cette opération délicate durant la nuit !

Nombreux sont les musiciens qui viennent alors essayer des instruments ou demander des modifications sur un modèle existant.Un des plus célèbre est sans doute Tiny Grimes qui s’est ainsi fait fabriquer plusieurs  modèles Tenor. Ces guitares étaient les descendants de l’époque où le banjo (4 cordes) régnait en maître dans le jazz. Ils étaient encore utilisés par certains musiciens (Kingston Trio) dans les années 50-60, principalement dans l’accompagnement.

Un des exemplaires construits pour l’artiste dans les années 60. La guitare a probablement débuté son existence dans une finition sunburst. Les filets autour de la caisse ne sont probablement pas d’origine non plus. Le cordier « harpe » est quant à lui un des signes distinctifs de la la marque à cette époque.

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The Unofficial Martin Forum

Les guitaristes de jazz représentent la première clientèle de Guild dans les années 50.

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Le modèle le plus cher de la gamme est alors la Stuart 500.Les modèles électriques les plus recherchés sont ceux qui étaient équipés de micros DeArmond entre 1956 et 1962. Citons le légendaire micro amovible DeArmond Rythm Chief fabriqué par Rowe Industries (Ohio) que l’on pouvait trouver sur le modèle Johnny Smith. Au cours des années 60, plusieurs fabricants américains (Todd Electronics, Diamond Coils…) ou étrangers (le suédois Hagström) devinrent les fournisseurs la marque. Les tout premiers modèles de micros à équiper les séries X étaient les Franz.

Une magnifique X500 (le X indique un modèle électrique) de 1956 chez un célèbre dealer de Floride (guitarbroker.com). Notez la forme Guild typique qui faisait une taille étroite (« narrow waisted ») à presque tous ses modèles à caisse, un peu dans l’esprit d’Epiphone…

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 La période Hoboken

L’installation à Hoboken voit une nette augmentation de la production et constitue aux yeux des connaisseurs le véritable âge d’or de la compagnie. Passé la période artisanale des débuts, les instruments  sont alors produits dans des quantités véritablement industrielles, tout ne maintenant la production de modèles emblématiques tels que le modèle Artist Award (rebaptisé ainsi après la fin du partenariat avec Johnny Smith) auquel le fondateur de la marque tenait beaucoup. L’opération se révèle être un succès pour la firme. Certains pensent que les deux usines devaient continuer à coexister, notamment depuis le rachat en 1966 par le groupe Avnet , lequel avait conservé Al Dronge comme président. C’est le même type d’opération qu’on a pu observer pour Fender en 1965 ou Gibson en 1969. D’autres ont affirmé que le déménagement était inévitable car le bail de location à Hoboken devait être résilié par le propriétaire qui ne souhaitait plus héberger une industrie pouvant facilement causer des incendies.

Al Dronge prend la pose avec un ouvrier. Le débat semble porter sur le profil des manches.

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Avec l’arrivé d’Herb Sunshine, un ancien d’Epiphone (encore un), au début des années 60, les innovations s’accélèrent : micros à plots réglables, cordiers réglables…C’est aussi pendant cette période que la marque lance certains modèles appelés à devenir de véritables emblèmes.

En 1963, le lancement de la D-40 marque les débuts de la forme Dreadought  pour Guild. Jusque là, Al Dronge avait préféré miser sur ses formes F typiques de la marque : une silhouette de type Jumbo (Gibson) ou Orchestra (Martin)  avec une taille plus étroite que chez les deux fabricants. Le modèle était décliné en 4 tailles différentes pour arriver au gigantesque 17 » (on mesure ici l’endroit où la caisse est la plus large) de la F-50, c’est-à-dire de la même taille qu’une Gibson J-200 mais plus petit qu’une Martin OOO. La forme D ne changeait pas de taille (15 »3/4)  selon les numéros ascendants (20,30,40,50) mais seulement de bois et de finitions.Il fallait alors conquérir le marché dominé par Martin et avec ses D-18 et D-28. Ces guitares étaient très populaires chez les musiciens de Country et Bluegrass. Certaines dénominations choisies par Guild pour son modèle D-40 indiquent bien la cible visée : « Blugrass Jubilee », « Bluegrass Special »…

Le premier modèle 12 cordes (F-212) est introduit en 1964. Proposé à un prix abordable en comparaison du modèle Martin D12, c’est de loin le modèle plus plus vendu dans sa catégorie. Le concurrent Gibson a quant à lui délaissé cette niche et peine à proposer des instruments de qualité avec sa B-25 12N.On ne compte plus les guitaristes ayant joué sur des Guild 12 cordes depuis les années 60 : Eric Clapton, Jimi Hendrix (et son modèle acheté chez Manny’s), Tim Buckley, Steevie Ray Vaughan lors de son « Unplugged » en 1990…

La fin de cette décennie voit l’entrée des modèles flat tops les plus luxueux jamais créées par Guild mis sur le marché. La  D-55 (1969) avec sa caisse en palissandre massif (la firme utilisait surtout l’acajou massif et l’érable plaqué sur ses modèles) et sa riche ornementation, la F-412 et sa touche en ébène…Mes modèles préférés (M-20,F-20, F-30; F-40) datent quant à eux des années 50.

L’arrivée à l’âge adulte de la génération des baby boomers n’a pas échappé aux stratèges de Guild. Mark Dronge (fils de) a joué un rôle important dans ce domaine, notamment grâce à ses contacts établis dans les clubs new yorkais.

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Publicité de 1965

On s’est vite éloigné des publicités héritées des années 50.

Guild

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Publicité de 1962

C’est pour cette nouvelle génération que la marque lance la Starfire. Ce modèle demi-caisse est décliné dans de nombreuses versions (2/3micros, pan coupé double ou non…) et reste le plus grand succès de Guild dans le domaine des guitares électrique. Ces modèles constituent actuellement une excellente affaire sur le marché de vintage.

Un bel exemplaire de 1962. Certains modèles étaient équipés d’un vibrato Bigsby.

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Retrofrets

Quant aux modèles solid body lancées au début des années 60 (la S-50 Jet Star, la S-100 Polara et son pied intégré dans le dos, et la S-200 Thunderbird),ils connurent un succès moindre en raison de leur forme très futuriste.Rares sont les musiciens à revendiquer ce modèle à l’époque. Citons tout de même le guitariste John Sebastian qui ne séparait jamais de son modèle (une S-200) à l’époque des Lovin’ Spoonful.

Une belle Thunderbird de la première époque avec une finition sunburst assez rare. Notez la lointaine ressemblance avec la Jaguar de Fender et son électronique digne du tableau de bord d’un 747.

Thunderbird

www.reverb.com 

La fin des années 60 verront la S-100 recevoir une forme SG plus traditionnelle.C’est le modèle préféré de Kim Tayill du groupe Soundgarden. L’exemplaire suivant date de 1970.

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Les publicités de la marque sont assez avancées pour l’époque, reprenant un peu le style « jeune et branché » affichée par Fender au début des années 60.

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Publicité de 1968

Quelques mots sur les guitares classiques construites par Guild. Il s’agit des séries Mark (du nom du fils du fondateur) lancée en 1961. La gamme allait des numéros I à VII (sur commande uniquement pour cette dernière référence) lesquelles dépassaient en qualité les modèles Martin ou Gibson et pouvait même rivaliser avec les instruments espagnols les plus cotés de l’époque. Tout ça grâce à un seul homme chargé de construire les modèles les plus haut de gamme : Carlo Greco. Dans les années 60, ces modèles profitèrent de l’association avec le guitariste de jazz Charlie Byrd qui avait pour particularité de jouer uniquement sur des guitares à cordes nylon.

Charlie Byrd

La période Westerly

A la fin des années 60, la production est progressivement délocalisée vers le ville de Westerly dans l’état de Rhode Island.Al Dronge y a trouvé une usine de fabrication de meubles et surtout des ouvriers (25 sont repris sur les 35 restants ) aptes à être formés à la fabrication de guitares. On commence en 1967 par les modèles les moins chers tout en acajou : M-20 Mark I,  le modèle classique ainsi nommé hommage au prénom porté par le fils de Al.

Le déménagement est un succès pour la firme. Certains pensent que les deux usines devaient continuer à coexister. Le rachat en 1966 par le groupe Avnet , (qui avait conservé Al Dronge comme président) oriente définitivement la firme vers une production apte à concurrencer Fender ou Gibson, elles-mêmes rachetées par des groupes semblables en 1965 et 1969. A ce propos, il semble que le rachat n’ait pas entamé la qualité de la production qui peinait encore à satisfaire la demande.Pour en revenir au changement de site, certains ont affirmé que le déménagement était inévitable car le bail de location à Hoboken devait être résilié par le propriétaire qui ne souhaitait plus héberger une industrie pouvant facilement causer des incendies.

Il existe une autre hypothèse que je formulerai ainsi. Guild a pu chercher à s »éloigner d’un grand centre urbain afin d’économiser sur plusieurs dépenses telles que les loyers et les salaires. Le phénomène touche de nombreuses industries à cette époque. En s’installant dans une zone rurale, il s’agit aussi d’employer une main d’oeuvre peu sensibilisé au syndicalisme, et ce d’autant plus que Guild avait la réputation de mal payer ses employés. Un autre élément m’incite à favoriser cette idée. Certains cadres de l’époque Westerly déclarèrent qu’ils avaient les plus grandes difficultés trouver des employés qualifiés dans la région. Ils durent alors faire venir des italiens (de Calabre) et des Portugais (un des employés historiques de la firme, Gilbert Diaz, y a sans doute contribué) pour combler le manque. C’était sans doute aussi l’occasion de jouer sur les salaires pour des travailleurs venant de pays à faible coût du travail et moins sensibles au syndicalisme.

Entre 1969 et 1974, le directeur (Jim Deurloo) de l’usine était un ancien de Gibson à Kalamazoo.Il pose ici aux côtés du patron. Il finit par revenir dans le Michigan quelques années plus tard et fonda la marque The Heritage lorsque Gibson abandonna le site de Kalamazoo au milieu des annés 80.

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La firme connait son premier coup dur en 1972 avec la mort de son fondateur dans son avion (il en était le pilote) qui lui permettait de faire le trajet entre New York et Westerly en moins d’une heure. Al Dronge avait conservé le siège de sa compagnie à Elisabeth (la ville des Soprano) dans le New Jersey et se rendait au moins une fois par moi dans l’état de Rhode Island pour y surveiller la production. Il avait même acquis une demeure dans les environs de Westerly.

La fin des années 70 marque pour Guild un recentrage dans le domaine des guitares acoustiques. Le fer de lance de la marque dans ce domaine reste alors la F50 lancée en 1954.C’est le modèle flat top le plus côté actuellement. Un modèle des années 50 (la F-50 dite « Navarre ») peut se négocier autour de 10 000$. Avec sa caisse de 17 », c’est le plus gros modèle de la série F (et des flat top en général), laquelle constitue la gamme de référence pour Guild. Le chiffre 50 indique une caisse en érable massif (55 pour du palissandre) ou plaquée comme c’était le cas dans les années 50 lorsque la marque fabriquait des caisses semblables pour les modèles flat top et archtop.

A la fin des années 60, la firme parvient même à s’imposer sur le marché des modèles jumbo grâce la baisse de qualité chez Gibson avec sa J-200. Le renouveau pour cette dernière viendra à la fin des années 70 notamment grâce à Emmylou Harris, laquelle joue toujours sur cette guitare. Et puis viendra aussi l’apparition d’un nouveau concurrent au cours des années 80 avec les guitares fabriquées par Robert Taylor. Martin ne fera que quelques timides insertions sur le marché des jumbo avec ses séries M.

Un beau modèle (toutefois « oversprayed ») de 1977 avec le chevalet « cloud » introduit en 1966. Il a été repris par le luthier américain James Olson (James Taylor, Leo Kottke…).

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Une des signatures de Guild sur ses modèles haut de gamme : le filet sur la touche en ébène. Le genre de finition qu’on peut observer sur certaines archtop  luxueuses ou des guitares de luthiers…Si les Guild ont souvent la réputation d’être construites comme des char d’assaut , elles n’en ont pas pour autant oublié d’être parées dune finition irréprochable.

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crawlsbackward.blogspot.fr

A la fin des années 70, les modèles acoustiques sont approfondis pour aboutir à des finitions encore plus luxueuses et ostentatoires. C’est le cas des D-70 et D-80 avec leurs filets en érable, leur talon sculpté et leur profusion de nacre…

Une belle D70 de 1982 en vente chez Elderly.

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La talon sculpté à la main était proposé en série sur les modèles D-70 et D-80.

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En 1983, des modèles solid body aux formes agressives (les « Bladerunner », « Skyhawk » et autre « Starfighter ») sont lancées en direction des musiciens de hard rock. Mais ce n’est déjà plus un domaine de prédilection pour Guild.Peu d’archtop électriques (hormis l’Artist Award) avaient survécu aux années 70 et une seule référence de Strafire était encore proposée au début des années 80.

En 1986, Avnet cède l’entreprise à un groupe d’investisseurs qui place à sa tête un marchand de Nashville spécialisé dans le vintage : George Gruhn. C’est lui qui avait vendu un lot de  Stratocaster des années 50 à Eric Clapton au début des années 70, lequel assembla grâce à elles sa célèbre Blackie. M. Gruhn avait contribué depuis 1984 à étoffer la gamme des modèles acoustiques F et D. La production de certains modèles (F-46, D-64…) était alors limitée à quelques dizaines d’exemplaires qui sont très recherchés aujourd’hui.

La création de nouveaux modèles solid body est relancée à la fin des années 80. Des partenariats avec des guitaristes prestigieux comme Joe Perry (Aerosmith) ou Brian May (Queen) sont mis en avant.

La Telecaster vue par Guild (T-250) en 1987. Un autre modèle (T-200) a été placée entre les mains de Roy Buchanan à la même époque.

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En 1988, un accord entre Guild et Gibson échoue à échanger les rôles : les acoustiques de Gibson par Guild et les solid body de Guild par Gibson. La marque est à nouveau rachetée par un groupe en 1989. La production des guitares solid body est abandonnée.Des modèles électriques et acoustiques commencent à être importés d’Asie sous la marque Madeira.Pour la production américaine,les références acoustiques continuent d’affluer avec la mode naissante des guitares électro-acoustiques. En 1991, la série 4 et sa caisse en laminé est destinée au public le moins argenté. Elle côtoie l’exubérante DV-72 et ses repères de touche en lapis lazuli.

Ironiquement, la marque profite de la mode grunge du milieu des années 90 qui voit susciter un intérêt pour des modèles jusque là peu cotés. Ce sera la Fender Mustang pour Kurt Cobain…ou la Guild S-100 dans les mains de Kim Thayil chez Soundgarden.

En 1995, Guild est finalement racheté par Fender qui souhaitait se doter d’une solide gamme de guitares acoustiques. Une gamme de modèles électriques reissue est ajoutée grâce au rachat de la marque DeArmond. Il s’agit principalement de guitares à caisse (les X) qui sont alors fabriquées en Corée sans doute dans une usine du géant Samick.   Le site historique de Westerly (ave c ses 84 employés) est fermé en 2001. La production actuelle des guitares acoustiques se partage entre la Chine pour les séries GAD et une usine du Connecticut pour le haut de gamme. Au mois de mai 2014?Fender a annoncé la vente  de Guild au groupe Cordoba qui distribue des guitares à cordes nylon et des ukulélés aux Etats-Unis. La fin d’une époque…

Une des dernières publicités pour Guild Westerly à l’époque où la marque a été rachetée par Fender (FMIC).

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Collection personnelle

Les labels

Placés dans le fond de la guitare, ils témoignent de l’histoire de la marque. A noter que pour les guitares électriques, la même étiquette est parfois collée dans la cavité abritant l’électronique.

Le premier label pour la période new yorkaise.

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Le « Ghost  label » de la période Hoboken  à la fin des années 50.

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Le label oval classique de la période  Hoboken.

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Le label oval décliné dans sa version Westerly à partir de 1975. Il reste encore en vigueur actuellement.

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 Quelques guitaristes ayant joué sur Guild

Celui par qui tout a (presque) commencé : Johnny Smith. Il est élu « Meilleur guitariste de jazz » en 1954 par le magazine Downbeat et jouit d’un grande popularité après le succès de son morceau instrumental « Moonlight In Vermont« . Il consentit à délaisser son modèle d’Angelico, le temps pour Guild de lui construire un modèle sur mesure équipé d’un micro flottant DeArmond. En désaccord avec Guild sur la méthode de fabrication du pan coupé,notre homme ne l’a jamais utilisée.Le modèle est rebaptisé Artist Award en 1960 lorsque le musicien passe chez Gibson.

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L’immense George Barnes (qui ne jouait qu’en aller au médiator à une vitesse stupéfiante mais c’est une autre histoire) avec deux modèles atypiques aptes à faire oublier l’échec Johnny Smith. Le premier était appelé AcoustiLectric et était dépourvu d’ouverture sur la caisse pour limiter le larsen. Le second est la la « guitare en F » qui lui permettait de jouer dans les aigus avec plus de facilité et concurrencer la trompette notamment. Notez le diapason racourci (22 ») par rapport au 25 » habituels de la marque. Le modèle a aussi été utilisé en studio par George Benson.

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Duane Eddy appliqué sur son modèle DE-500 calqué sur le modèle X-500.

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Merle Travis pas peu fier de son modèle Signature.A t-il pu seulement lui faire oublier sa Bigsby des années 50 ? Le noir et blanc ne rend pas justice à la luxueuse finition de cette guitare qui brillait presque dans la nuit !

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Nick Drake et sa M-20, symbole d’humilité : le plus petit et le moins cher des modèles flat top fabriqués par Guild.

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Richie Havens déterminé grâce à une D-40. Véritable VRP de la marque, des dizaines d’exemplaires lui ont été fournis au cours des années.

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John Hurt flegmatique avec une F-20 ou F-30.

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Muddy Waters un peu blasé au volant d’une S-200 Thunderbird en finition noire. La guitare est actuellement exposé dans un musée de l’Idaho.

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George Benson euphorique grâce une Artist Award (aisément reconnaissable au rectangle de nacre sur la tête) accompagnée de son ampli Guild. Dans les années 50-60, les fabricants de guitares électriques proposaient toujours des amplis associés à leur guitares (ce fut rarement l’inverse), même si ce n’étaient pas eux qui les fabriquaient complétement. Dans le cas de Guild, les châssis était fournis par Ampeg et étaient ensuite câblés par les ouvriers de la firme à Hoboken. George Benson a reçu de nombreux modèles « custom » des ateliers Guild. Citons entre autres une AcoustiLectric en 1968 et une magnifique archtop dotée d’une rosace en 1970, un peu dans l’esprit d’une Epiphone Howard Roberts

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Buddy Guy concentré sur une Starfire et son corps en acajou, une finition assez rare pour ce modèle.

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Bonnie Rait et une F-50 un peu plus encombrante que sa célèbre Stratocaster.

Même Johnny Cash a délaissé un instant sa Martin D-35 (noire) pour une Guild D5O au début des années 90.

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Sources

Cet article a été avant la publication du magasine Vintage Guitare (#15) paru en avril 2014 et n’a reçu aucune modification depuis.

Le livre de référence sur le sujet reste l’ouvrage écrit par le collectionneur néerlandais Hans Moust.

Le livre de Ted Beesley m’ a été également utile sur un plan plus technique.

Pour la fin de la période, l’ouvrage (plus généraliste) de Michael Wright s’est révélé être une mine.

Le forum du luthier Benoit de Bretagne m’a également apporté de nombreuses précisions.

6 Commentaires

  1. bertrand jean marie

    merci et bravo pour cet article

    guitariste depuis un peu plus de trois ans
    je suis un inconditionnel de guild

    je joue sur une gad jf 30 (chinoise) magnifique et possédant une très belle sonorité
    je viens d’acheter une DV4 100% américaine superbe
    et je joue très souvent sur une d55 dont l’acoustique et fabuleuse

    encore merci pour cette belle épopée que vous m’avez fait découvrir

    jean marie

  2. Niko

    Merci pour ce fort bel article !
    Pour compléter, parmi les guitaristes français jouant sur Guild (à part moi :-)) , je voulais signaler l’excellent Alain Giroux qui joue sur une Artist Award équipée du célèbre micro De Armond
    http://www.commecadefrance.com/dotclear/images/EVENEMENTS%20DUNKERQUE/DGPF%202008/CCDF_20080517_3934R.jpg

    • Arnaud

      Alain Giroux bien sûr ! Pour l’avoir souvent à l’Utopia avec son compère historique Jean-Louis Mahjun j’aurais dû m’en souvenir. Et c’est vrai que sa Guild me faisait déjà rêver à l’époque…

  3. régis

    superbe article un régal !! une question comment savoir si une d55 est de 1975?

    • Arnaud

      La D-35 « Bluegrass » est apparue en 1968 dans le catalogue Guild.Le N° de série était alors précédé des lettres OJ. La tête perd son filet l’année suivante et reçoit un « silk logo » plus sobre.. Vers 1973,a caisse devient légèrement plus profonde (5 »- 12,5cm contre 4 7/8 »- 11,5 cm env. jusque là)
      Pour la datation,l’étiquette dans la caisse doit être la première référence. Il devrait aussi y avoir une série de 6 chiffres à l’arrière de la tête (souvent difficile à lire car le verni était passé par dessus) et parfois des marques au tampon dans la caisse notamment sur les barres de barrage (visibles avec un miroir) comme sur ma F-30 sur laquelle on peut ainsi lire « sept 1978 ». Pour l’année 1975, le serial de l’étiquette devrait se situer dans les numéros 112803 à 130304. Y a t-il des lettres (M, NT…) à côté du numéro ?

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