Baby Taylor BT2 | Just you and my guitar - Le blog à six cordes

Baby Taylor BT2

R0017228Modèle emblématique d’une catégorie d’instruments de plus en plus populaire : la guitare de voyage. Plusieurs tailles sont proposées par les fabricants… depuis la Backpacker Martin (destinée à tenir dans un sac à dos de randonnée) en passant par la Rover de Washburn ou bien encore aux modèles les plus aboutis proposés par la firme spécialisée Traveler Guitars. Preuve de ce dynamisme actuel, les grandes marques Taylor et Martin proposent même deux tailles différentes dans leur gamme des 3/4, respectivement la Mini / Baby (et même la « Big baby»…) et la Little / Backpacker.

Un des modèles phares de sa catégorie : le modèle Backpacker de Martin lancé il y a une vingtaine d’année. Difficile toutefois de s’en servir comme d’un véritable instrument de musique, ce que permet la Taylor.

Martin Backpaker

Quelle est la différence fondamentale entre ces modèles 3/4 et ceux 4/4 ? Au delà de la taille de la caisse (largeur et épaisseur), la sensation nouvelle vient surtout du diapason plus court (chez Taylor  on passe de 65 cm à 57 cm) qui induit un manche plus court (certes) et des frettes plus rapprochées les unes des autres. On a donc immédiatement une impression de facilité de jeu, renforcée par le fait que on montera ses cordes habituelles sur ces instruments, même si on aura intérêt selon moi à privilégier des tirants n’excédant pas le light.

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Notre modèle à côté de la forme de référence pour la guitare folk depuis les années 30 : la Martin Dreadnought. Notez au passage que la jonction manche-caisse s’effectue toujours au niveau de la 14ème case. Il s’agit de conserver ses habitudes, même sur une guitare plus petite !

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Grande marque oblige, l’équipement de cette baby Taylor est de qualité. Les mécaniques (de type Grover) sont particulièrement fiables. La tête est collée au manche de manière quasi invisible au niveau du sillet.

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Elles vont de pair avec un placage de tête sobre…et solide notamment pour les changements de cordes. La finition de l’ensemble est irréprochable. Il est vrai que les essences choisies (acajou,sapele) lorsqu’elles sont ainsi rougies (les luthiers emploient le terme « chauffées ») donnent un aspect plus boisé qu’une « simple » table en épicéa qui équipe un autre modèle baby Taylor, la BT-1.

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Rarissime à ce niveau de prix pour une guitare de taille normale : l’ébène de la touche. Là encore, cela renforce l’impression de qualité pour cette guitare qui reste quand même parmi les plus chères de sa catégorie (300 euros).

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Chez Taylor, le mode de fabrication pour le manche est le vissage. Chez Gibson ou Martin ainsi que chez la plupart des luthiers, les manches sont collés à la caisse. Le procédé est repris d’une manière encore plus rentable sur notre modèle dont le manche est fixé par deux vis accessible depuis la touche. Ce mode de fixation permet aussi de régler plus facilement le manche. Le modèle que j’ai acheté d’occasion pour 150 euros présentait ainsi des cordes très hautes au dessus de la touche. Le phénomène avait sans été provoqué par un choc thermique, lequel est assez fréquent pour les guitares à caisse dont une partie des bois sont massifs. Il peut s’opérer lors du transport lorsque l’instrument est soumis à un changement d’hygrométrie trop important. C’est l’angoisse principale de tous les constructeurs et d’une certaine manière le gage de la qualité de fabrication. Dans le cas présent, il n’a une qu’une conséquence infime. Dans d’autres cas extrêmes, l’instrument peut présenter des fissures (sur le vernis ou le bois), des décollements (barrages) ou des vrillages (manche).

L’ajustage du manche réalisé à l’Atelier Dupont (Paris) a été un jeu d’enfant.« C’est comme sur une Stratocaster ! » m’a dit le luthier qui n’y a consacré qu’une dizaine de minutes à peine. Notez l’attache-courroie de série qui appelle à une utilisation nomade. Le jeu en position assise ne pose pas de problèmes même pour un grand gabarit comme le mien.

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La barre de réglage (truss rod) du manche est accessible depuis la rosace. Il faudra s’équiper d’une clef spéciale au standard Taylor ou passer chez un  luthier…

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Un barrage en X (dit « en croix ») réduit à sa plus simple expression.Il est destinée à soutenir la table en acajou massif alors que le reste de la caisse est constitué d’un acajou africain moins onéreux, le sapele, utilisé par d’autres constructeurs comme Martin sur ses séries 15. Il apparaît bien imposant au regard de la taille de la caisse.

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Seul petit luxe dans l’ornementation : une rosace rehaussée d’une frise gravée qui rappelle un peu les origines mexicaines de la guitare.

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Le dos de l’instrument est particulièrement bombé. Cela doit favoriser la résonance des fréquences les plus basses, ce qui est bien utile quand on a une caisse en plaqué.

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Le chevalet (en ébène) arbore la forme caractéristique de la marque américaine. Le sillet TUSK participe à l’intonation précise de l’instrument.

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Et pour le prix, on est en droit d’avoir une housse parfaitement ajustée aux dimensions de la guitare. Elle permet d’arborer fièrement les couleurs de la marque américaine.

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Et pour la sonorité ? La table en acajou procure une sonorité assez chaude et boisée. On se croirait presque sur les petits modèles tout acajou de chez Martin (2-17 ou 0-15) toutes proportions  gardées ! Le volume sonore est à la hauteur de la taille de l’instrument, assez réduit sans être ridicule. Cette guitare remplit bien son rôle premier qui est la mobilité mais trouvera aussi une place dans des enregistrements pour lesquels on souhaiterait mélanger des couleurs  et des timbres différents. De là à la faire sonner comme une mandoline ou un ukulele ainsi que le conseille la brochure du fabricants, il y a un monde !

 

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